Image : L’eau scintille autour d’un esquif du Saint-Laurent amarré à un quai de l’île Grenadier.
Crédit photo : Michael Mayerfeld Bell
Le Réseau des rivières du patrimoine canadien est heureux d’annoncer la mise en candidature de Kaniatarowanenneh / le Haut-Saint-Laurent à titre de rivière du patrimoine canadien. Ce jalon reconnaît l’une des voies navigables les plus importantes sur le plan culturel au Canada et reflète des années de mobilisation et de collaboration communautaires.
La section ontarienne du fleuve — 230 km, de Kingston, à l’extrémité est du lac Ontario, jusqu’à la frontière entre l’Ontario et le Québec — a été proposée par la Thousand Islands Alliance of River Advocates (TIARA), dont le leadership et l’intendance de longue date ont été déterminants dans l’avancement de cette candidature. Leur collaboration avec les gouvernements autochtones, les communautés locales et les partenaires transfrontaliers a permis de façonner une candidature unifiée. Cette initiative a maintenant été appuyée par l’honorable Todd McCarthy, ministre de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs de l’Ontario, et par l’honorable Julie Dabrusin, ministre de l’Environnement, du Changement climatique et de la Nature.
Un fleuve façonné au fil des millénaires
Depuis plus de 9 000 ans, le Haut-Saint-Laurent constitue un centre de vie, de savoir et de gouvernance autochtone. Il est un lieu de rassemblement traditionnel, une voie de déplacement et un foyer pour les peuples autochtones, notamment les Haudenosaunee, en particulier la communauté mohawk d’Akwesasne. Bien avant l’arrivée des Européens, le fleuve servait de lien vital pour le commerce, l’agriculture, la diplomatie et la vie communautaire.
Par la suite, le fleuve est devenu un corridor essentiel pour l’exploration, le commerce et l’établissement, jouant un rôle clé dans le commerce des fourrures et du bois, la migration loyaliste et des conflits tels que la guerre de Sept Ans et la guerre de 1812. Ses rives abritent aujourd’hui des sites archéologiques, des villages historiques, des forts, des canaux ainsi que les « villages perdus » submergés lors de la construction de la Voie maritime du Saint-Laurent.
Image : Des baigneurs profitent de l’eau lors d’une chaude journée d’été au large de l’île Grenadier.
Crédit photo : Michael Mayerfeld Bell
Richesses naturelles et récréatives
Les valeurs naturelles du fleuve sont tout aussi remarquables : la géologie spectaculaire de l’arche de Frontenac, une riche biodiversité comprenant plus de 31 espèces en péril, ainsi que des habitats qui soutiennent 88 espèces de poissons. La région est également reconnue à l’échelle internationale pour ses activités récréatives — particulièrement dans les Mille-Îles — notamment la navigation de plaisance, le canotage, la pêche, la plongée et la randonnée.
La mise en candidature du Haut-Saint-Laurent met en valeur une voie navigable qui a façonné les communautés, les cultures et les écosystèmes pendant des millénaires. Elle rend également hommage à l’effort collectif — mené par TIARA — qui a permis de faire progresser cette initiative. Maintenant que la candidature est déposée, TIARA pilotera la prochaine phase menant à la désignation officielle, en collaboration avec les nations autochtones, les gouvernements, les organisations communautaires et les acteurs locaux. Ce processus comprendra des travaux de recherche supplémentaires, le renforcement des relations ainsi que l’élaboration d’une vision commune et d’un cadre de gestion afin d’assurer que les valeurs naturelles, culturelles et récréatives du fleuve soient reconnues, protégées et mises en valeur pour les générations à venir.
Image : Promenade en bateau au coucher du soleil dans le passage Gananoque, près de l’île Gordon.
Crédit photo : Elizabeth Sterken