Toggle search bar

WxT Language switcher

Apprendre de la rivière : restauration des marais le long du fleuve Fraser en Colombie-Britannique

Date

 

Image : Un membre de l’équipe de terrain plante des carex indigènes le long de l’estran de l’île Tilbury. Ces plantations visent à ralentir le mouvement de l’eau dans le fleuve Fraser, favorisant ainsi la sédimentation et l’accumulation de dépôts. Au fil du temps, cela peut soutenir l’expansion progressive des habitats de marais. La végétation ajoutée augmente également la complexité de l’habitat, offrant un abri et des possibilités d’alimentation à de nombreuses espèces, notamment les saumons juvéniles qui migrent vers l’océan.

Crédit photo : Fernando Lessa

 

Le fleuve Fraser est façonné par le mouvement : celui de l’eau, des sédiments, des personnes, des poissons, des embarcations et des récits. S’écoulant des montagnes Rocheuses jusqu’à la mer des Salish, il relie les glaciers aux battures, le saumon aux forêts et les communautés à travers les générations. Sa désignation comme rivière du patrimoine canadien reconnaît sa profonde importance culturelle, économique, écologique et historique. Pour Canards Illimités Canada (CIC), le Fraser est également une salle de classe vivante.

 

Image : Brogan Neufeld, membre de l’équipe d’été de Canards Illimités Canada, arpente l’estran de l’île Tilbury le long de la rivière Fraser à marée basse, à la recherche d’oiseaux de rivage

Crédit photo : Fernando Lessa

 

Le long du cours inférieur de la rivière, des milieux humides et des marais se sont formés, déplacés, ont disparu et ont réémergé pendant des siècles. Ces écosystèmes atténuent les inondations, filtrent l’eau, stockent le carbone et fournissent un habitat essentiel au saumon, à la sauvagine et à de nombreuses autres espèces. Pourtant, au cours des cent dernières années, plus de 70 % des milieux humides de l’estuaire du fleuve Fraser ont été perdus ou modifiés.

Aujourd’hui, CIC travaille avec ses partenaires pour écrire un nouveau chapitre, une approche qui s’inspire étroitement de la dynamique de la rivière elle-même.

L’un des efforts les plus passionnants en cours est le projet pilote d’établissement de marais axé sur les processus (ProMEPP). Dirigé par CIC en collaboration avec des chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique et appuyé par Pêches et Océans Canada ainsi que la province de la Colombie-Britannique, ProMEPP pose une question simple, mais puissante : pouvons-nous travailler avec des processus naturels pour accélérer la formation de marais soumis aux marées?

 

Image : Les membres de l’équipe de terrain construisent une exclos pour les oies au lever du soleil, à marée basse. Ces exclos, faits de matériaux naturels, protègent les jeunes plantes qui constituent une source de nourriture importante pour les bernaches du Canada. En empêchant leur accès, ces structures permettent aux plantes de s’enraciner solidement et de se multiplier, contribuant ainsi à la création d’un habitat pour les saumons juvéniles et au soutien de l’ensemble du réseau trophique.

Crédit photo : Fernando Lessa

 

Les pratiques passées consistaient à déterminer où l’habitat devait être aménagé dans la rivière, mais ProMEPP renverse cette approche. En s’appuyant sur les zones où les sédiments s’accumulent naturellement, le projet adopte une approche fondée sur les processus. Les équipes de terrain construisent de petites structures en bois non traité afin de ralentir le courant, permettant l’accumulation des sédiments et la formation d’une base surélevée sur laquelle les plantes de marais peuvent s’établir et croître.

Les premiers essais sur le terrain, notamment à l’île Tilbury le long du fleuve et au cœur de la région urbaine du Grand Vancouver, testent déjà des techniques peu coûteuses et fondées sur la nature, allant des murs de pieux en bois non traité aux plantations indigènes, qui fonctionnent avec les sédiments et les marées de la rivière plutôt que contre eux. Les apprentissages tirés de ces travaux pourraient s’étendre bien au-delà du fleuve Fraser.

 

Image : Coucher de soleil sur l’île Tilbury, au milieu à gauche de l’image, on aperçoit un barrage de broussailles en cours de construction afin de créer une zone tampon naturelle pour favoriser l’accumulation de sédiments à mesure que les marées changent. La photo a été prise pendant la construction.

Crédit photo : Fernando Lessa

 

ProMEPP s’appuie sur une longue tradition d’intendance de ce fleuve patrimonial. À Sturgeon Bank, CIC et ses partenaires ont réussi à réutiliser les sédiments dragués pour reconstituer l’habitat intertidal, montrant ainsi comment le recours aux processus naturels peut renforcer les côtes tout en soutenant le saumon et les oiseaux migrateurs. CIC s’efforce de mettre en valeur les sédiments en tant que ressource locale précieuse et de saisir l’occasion d’une approche circulaire guidée par la rivière elle-même. Le partage des connaissances acquises à Sturgeon Bank peut transformer notre façon de prendre soin des rivières.

Ces efforts passent du contrôle des rivières à la collaboration avec elles. Alors que le changement climatique entraîne des débits plus élevés, l’élévation du niveau de la mer et une incertitude croissante, le fleuve Fraser nous rappelle que la résilience se construit au fil du temps par l’observation, le partenariat et le respect.