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Difficultés et espoir : se relever de la tempête de 2025 au parc provincial Samuel-de-Champlain

Date

Photo : Vue du terrain de camping Jingwakoki après les dommages causés par la tempête.  

Crédit photo : Josie Dismore  

 

Le parc provincial Samuel-de-Champlain est situé le long des magnifiques rives de la rivière Mattawa, une rivière du patrimoine canadien reconnue pour sa riche histoire liée au commerce, aux déplacements et à l’exploration. Depuis les années 1960, le parc contribue à cette histoire en offrant aux campeurs, aux pagayeurs et aux pêcheurs un accès à la rivière et à toutes les expériences qu’elle propose. En juin 2025, tout a basculé pour le parc.

Dans la soirée du 21 juin 2025, le parc provincial Samuel-de-Champlain a été frappé par l’un des phénomènes météorologiques les plus destructeurs de son histoire.

Ce qui s’annonçait comme un orage d’été typique s’est rapidement transformé en une violente rafale descendante qui a ravagé les forêts, écrasé des véhicules et des remorques et forcé la fermeture du parc pour le reste de la saison.

Pour ceux qui connaissent le parc comme un refuge de grands pins et de sentiers paisibles, la transformation était inimaginable.

 

Photo : Vue du lac Moore au printemps 2023. La pointe de terre en bas à gauche correspond à l’aire de fréquentation diurne de Bagwa. Le terrain de camping Jingwakoki se trouve de l’autre côté du lac, en haut à gauche, et les aires de mise à l’eau et la plage du terrain de camping Babawasse se trouvent à droite.  

Crédit photo : Parcs Ontario  

 

Photo : Vue du lac Moore à l’automne 2025. Les zones autrefois densément boisées sont désormais dégagées et ouvertes. On distingue clairement les routes du terrain de camping Jingwakoki à gauche et une partie du terrain de camping Babawasse à droite.  

Crédit photo : Parcs Ontario  

 

Que s’est-il passé?

Peu après 21 h, une violente tempête s’est abattue sur la région, accompagnée d’éclairs intenses, de pluies torrentielles et de vents puissants. Elle a provoqué une rafale descendante, soit une colonne d’air qui chute rapidement vers le sol avant de s’étendre en éventail. Contrairement à une tornade, qui tourne sur elle-même, une rafale descendante frappe directement le sol puis se disperse, causant des destructions sur une large superficie en quelques minutes.

Les vents ont dépassé les 100 km/h, brisant des pins centenaires comme des cure-dents et renversant des dizaines de milliers d’arbres dans les campings et le long des sentiers. Les routes ont été bloquées, des lignes électriques arrachées et des campeurs se sont retrouvés coincés dans leurs tentes et leurs remorques.

 

Photo : Terrain de camping Jingwakoki après la tempête, 23 juillet 2025  

Crédit photo : Western University – Northern Tornadoes Project  

 

Les secteurs les plus touchés comprennent le terrain de camping Jingwakoki et le site du Centre écologique du Canada, où les infrastructures ont subi d’importants dommages. Ce qui était autrefois une majestueuse forêt de pins, où des générations de visiteurs ont exploré et créé des souvenirs, ressemble désormais à une zone de coupe à blanc.

L’enchevêtrement dense d’arbres et de branches tombés a rendu l’évacuation extrêmement difficile pour les équipes mobilisées. Heureusement, aucun décès n’a été signalé. Devant l’ampleur des dégâts, la fermeture du parc pour le reste de la saison 2025 s’est imposée.

 

Les conséquences : surréalistes et bouleversantes

Pour le personnel du parc, les lendemains de la tempête avaient quelque chose d’irréel. La sécurité demeurait la priorité alors que les équipes s’efforçaient de dégager les routes, d’évaluer les dommages et de permettre aux campeurs de récupérer leurs effets personnels. Le choc émotionnel était toutefois important. Pendant plusieurs jours, des arbres ont continué de tomber, leurs racines ayant été fragilisées.

Des secteurs familiers, parcourus quotidiennement, sont devenus méconnaissables. Les repères ont disparu sous des amas de bois entremêlés, rendant l’orientation difficile.

 

Photo : Début du sentier Kag, 2021

Crédit photo: Josie Dinsmore 

 

Photo : Point de départ du sentier Kag (2025). Ce sentier comptait parmi les favoris du parc et se faufilait entre d’imposants pins rouges.

Crédit photo: Josie Dinsmore 

 

Il y a eu, et il y a encore, un profond sentiment de perte face à la disparition de ces arbres anciens majestueux, certains vieux de plusieurs siècles. Pour plusieurs, un sentiment de sécurité s’est également effrité dans un lieu associé au repos et au ressourcement.

Le silence qui règne maintenant sur les campings est frappant, parfois interrompu seulement par la chute d’un autre arbre, alors qu’autrefois résonnaient les rires des visiteurs et le chant des oiseaux.

 

Photo : Terrain de camping Jingwakoki après la tempête 

Crédit photo: Josie Dinsmore 

 

Des efforts de rétablissement d’envergure

Une fois les débris dégagés afin de permettre un accès sécuritaire aux campeurs venus récupérer leurs effets, les travaux de nettoyage ont véritablement commencé.

Parcs Ontario s’est associé à des entreprises forestières pour récupérer le bois abattu. Une partie a été transformée en bois d’œuvre, tandis qu’une grande quantité a été broyée en copeaux pour contribuer à la production d’électricité.

 

Photo : Pendant plusieurs mois, des rangées d’arbres coupés ont bordé les routes du parc, en attendant d’être transportées pour être transformées en poteaux électriques ou utilisées pour la production d’énergie  

Crédit photo : Josie Dinsmore  

 

Les blocs sanitaires, les toilettes sèches, les points d’eau, les bornes électriques et les chalets du Centre écologique du Canada ont tous nécessité d’importants travaux. Grâce aux efforts soutenus des équipes de Parcs Ontario et des entrepreneurs durant l’hiver, ces installations ont pu être remises en état à temps pour l’ouverture du parc le 8 mai 2026.

Malgré les efforts investis, le parc provincial Samuel-de-Champlain a été transformé de façon permanente.

 

Aller de l’avant avec espoir et un nouveau paysage

Parcs Ontario poursuit la reconstruction en profitant de cette nouvelle réalité pour améliorer les infrastructures et répondre aux besoins futurs des visiteurs. Le parc revitalisé comprendra un nouveau pavillon d’accueil avec des expositions éducatives, une boutique, la location d’équipement pour toutes les saisons, ainsi qu’une période d’ouverture prolongée intégrant des activités hivernales comme le ski et la raquette.

La forêt se régénérera elle aussi, mais cela prendra du temps.

Dans le cadre des travaux de restauration, Parcs Ontario s’est associé à Forêts Canada, par l’entremise du Programme de conservation des espèces, pour planter 500 arbres indigènes à l’automne 2025. Ce printemps, le parc et Forêts Canada ont planté 7 500 arbres supplémentaires avec l’aide d’étudiants du Collège Algonquin. Ces arbres sont encore jeunes et mettront du temps à devenir une forêt en mesure de soutenir la biodiversité.

 

Photo : En mai 2026, de jeunes arbres nouvellement plantés bordent l’arrière de certains emplacements du terrain de camping Babawasse  

Crédit photo : Parcs Ontario  

 

En attendant, là où se trouvait une forêt dense s’étend maintenant une prairie, qui offre un habitat différent et favorise la biodiversité. Ces espaces ouverts permettront de nouvelles expériences et de nouveaux souvenirs, même si la perte demeure présente.

Cette tempête rappelle à quel point un paysage familier peut se transformer rapidement. Pour le personnel, les bénévoles et les visiteurs, l’expérience a été à la fois éprouvante et marquante.

Mais au cœur de cette épreuve demeure l’espoir : dans les efforts de reconstruction, dans la résilience des écosystèmes et dans la certitude que les générations futures continueront de trouver ici beauté et sérénité, même dans un paysage transformé.