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RRPC bulletin – v2 n4 octobre 2019

Date
Le volume
2
Nombre
4

Appel à tous les gestionnaires et les groupes d'intendants de rivières!

Ce bulletin vous est offert par le Comité de planification technique du Réseau des rivières du patrimoine canadien (RRPC); il se veut une tribune grâce à laquelle les gestionnaires et les groupes d'intendants des rivières du patrimoine peuvent communiquer leurs bons coups et établir des liens d’un bout à l’autre du Canada. 

Les volumes précédents du Bulletin du RRPC sont disponible sur notre site web.

Le Nunavut et Ottawa signent une entente sur la gestion des rivières du patrimoine canadien

Cérémonie de signature pour l'entente sur les répercussions et les avantages pour les Inuits (ERAI) concernant les rivières du patrimoine canadien au Nunavut. Photo: Kevin Methuen
Cérémonie de signature pour l'entente sur les répercussions et les avantages pour les Inuits (ERAI) concernant les rivières du patrimoine canadien au Nunavut. Photo: Kevin Methuen

Une nouvelle page d’histoire sur le Réseau des rivières du patrimoine canadien au Nunavut a commencé le 9 juillet 2019. C’est ce jour-là que le gouvernement du Canada, le gouvernement du Nunavut et Nunavut Tunngavik Incorporated ont annoncé la signature de l’entente sur les répercussions et les avantages pour les Inuits (ERAI) concernant les rivières du patrimoine canadien au Nunavut. Cette entente constitue la première étape vers une gestion durable, d’un point de vue autochtone, des rivières du patrimoine au Nunavut. L’entente reconnaît officiellement la relation profonde que les Inuits entretiennent avec les terres et les eaux du Nunavut. Elle désigne également certaines organisations inuites clés à titre de cogestionnaires des rivières avec les gouvernements fédéral et territorial.               

Depuis d’innombrables générations, les Inuits dépendent de la terre, de la mer et des voies navigables, et ils sont des intendants actifs des terres et des eaux du Nunavut et des environs. C’est pourquoi le Nunavut est depuis longtemps un membre actif du programme des rivières du patrimoine canadien. Aujourd’hui, le Nunavut compte trois rivières du patrimoine visées par une désignation : les rivières Thelon et Kazan, près du lac Baker, et la rivière Soper, près de Kimmirut. La rivière Coppermine, située près de Kugluktuk, a été mise en candidature pour faire partie du réseau, et sera désignée rivière du patrimoine dans les années à venir.

Le gouvernement du Nunavut, par l’intermédiaire de la Division des parcs et des endroits spéciaux du ministère de l’Environnement du Nunavut, administre le programme dans tout le territoire.
« Le gouvernement du Nunavut est déterminé à travailler en étroite collaboration avec ses partenaires, soit le gouvernement du Canada, Nunavut Tunngavik Inc., les associations inuites régionales, les conseils de hameau, les organisations de chasseurs et de trappeurs et les collectivités voisines de chaque rivière du patrimoine, afin de développer le plein potentiel du Réseau des rivières du patrimoine canadien au Nunavut », a déclaré la ministre de la Justice du Nunavut, Jeannie Hakongak Ehaloak.

La conclusion de l’ERAI honore l’obligation énoncée dans l’Accord du Nunavut de négocier une entente sur les répercussions et les avantages pour les Inuits avant l’établissement d’un parc ou d’une zone de conservation dans le territoire. Le Canada versera 6,7 millions de dollars à Nunavut Tunngavik Incorporated ainsi qu’aux associations inuites de Kivalliq, de Qikiqtani et de Kitikmeot pour la mise en œuvre de l’entente. Les fonds serviront à financer différentes activités, comme la surveillance de la qualité de l’eau des rivières du patrimoine, des camps culturels inuits pour les collectivités adjacentes et la création d’un fonds pour les occasions d’affaires.

« La participation et le leadership continus des Inuits dans la gestion des terres et des eaux du Nunavut seront davantage assurés grâce à la signature de cette entente sur les répercussions et les avantages. En concluant cette entente, et en reconnaissant l’histoire des Inuits, ainsi que leur utilisation et leur gestion de ces rivières du patrimoine, nous contribuons à la mise en œuvre de l’Accord du Nunavut, de même qu’à la mise en valeur et à la conservation des terres et des eaux, et nous maximisons les avantages pour les Inuits du Nunavut », a déclaré Aluki Kotierk, présidente de Nunavut Tunngavik Incorporated.

Vous êtes un gestionnaire ou un groupe d’intendance d’une rivière patrimoniale canadienne? Avez-vous prévu un événement pour votre rivière et vous recherchez une promotion supplémentaire?  Veuillez nous contacter à notre adresse électronique, pc.rivieresdupatrimoine-heritagerivers.pc@canada.ca, et nous publierons votre message sur les pages du Réseau des rivières du patrimoine canadien sur Twitter, Facebook et Instagram.

Aperçu de la rivière Athabasca dans le parc national Jasper

Les chutes Athabasca sont l’une des nombreuses haltes fréquentées le long de la rivière Athabasca. Photo: Rogier Gruys
Les chutes Athabasca sont l’une des nombreuses haltes fréquentées le long de la rivière Athabasca. Photo: Rogier Gruys

Des glaciers, des gorges et des chutes d’eau accueillent les visiteurs dans la région du cours supérieur de la rivière Athabasca, désignée rivière du patrimoine canadien en 1989 pour ses caractéristiques naturelles, culturelles et récréatives exceptionnelles. Entourée de paysages montagneux spectaculaires, la rivière Athabasca a joué un rôle central dans le développement économique de l’Ouest canadien. Les eaux vierges de la rivière et ses vestiges historiques sont très bien protégés par leur emplacement dans un parc national centenaire de 11 000 km2, le parc national Jasper. Chaque année, les routes panoramiques, les sentiers et terrains de camping riverains et les panneaux et programmes d’interprétation permettent à plus de deux millions de visiteurs de tisser des liens avec le riche patrimoine de cette rivière.

Six faits au sujet de la rivière Athabasca qui sauront capter votre intérêt!

  1. Chaque automne, des dizaines de milliers de ménominis des montagnes migrent sur de longues distances pour venir frayer dans le parc, chaque femelle pondant de 1 500 à 7 000 œufs avant de redescendre la rivière. Les œufs passent l’hiver au fond de l’eau et éclosent au printemps. Un poisson muni d’une étiquette qui a été capturé dans le parc national Jasper avait parcouru la distance étonnante de 850 km!
  2. Les visiteurs peuvent marcher jusqu’à la source de la rivière au glacier Athabasca, l’un des glaciers les plus accessibles en Amérique du Nord, et se renseigner au sujet des effets d’un climat de plus en plus chaud sur les écosystèmes du parc.
  3. L’observation des animaux sauvages est l’une des principales raisons de visiter le parc national Jasper, où les ours, les wapitis et d’autres grands mammifères fréquentent le bord de la rivière.
  4. Le camping de l’Île-Athabasca offre aux pagayeurs une occasion exceptionnelle de passer la nuit dans un petit camping sauvage au milieu de la rivière.
  5. Plusieurs lieux historiques nationaux racontent l’histoire des commerçants de fourrures, qui ont suivi la rivière et traversé les cols les plus accessibles des montagnes pour atteindre le comté de l’Oregon et commencer à faire du commerce dans ce qui est aujourd’hui la province de la Colombie‑Britannique.
  6. Les liens autochtones avec la rivière sont manifestes au homestead d’Ewan Moberly, un ensemble de bâtiments historiques près de la route Snaring qui était habité par une famille métisse au tournant du siècle dernier.

L’Athabasca Watershed Council : pour une gestion concertée du bassin versant

Cours supérieur de la rivière Athabasca   Photo: R.G. Holmberg, via Athabasca River Basin Image Bank
Cours supérieur de la rivière Athabasca Photo: R.G. Holmberg, via Athabasca River Basin Image Bank

L’Athabasca Watershed Council (AWC) est l’un des onze conseils provinciaux de planification et de consultation sur les bassins versants qui représentent les principaux bassins versants de l’Alberta. Nous sommes un organisme de bienfaisance canadien doté d’un conseil d’administration multilatéral qui, grâce à un processus décisionnel par consensus, contribue à la gestion globale du bassin versant. Nous rédigeons des rapports sur l’état du bassin versant et travaillons actuellement à parachever la première ébauche de notre plan de gestion intégrée. Ce plan fournira des orientations aux intervenants du bassin versant et aux partenaires autochtones au sujet des pratiques exemplaires de gestion, afin de favoriser l’atteinte des objectifs suivants de la stratégie albertaine « Water for Life » : une eau potable saine et salubre, des écosystèmes aquatiques en santé, et une eau fiable en qualité et en quantité pour une économie durable. 

L’un des rôles du conseil provincial est de mieux outiller les intervenants, les partenaires autochtones et le public au sujet de l’eau grâce à l’éducation et à la sensibilisation. Un nouveau projet passionnant sur lequel nous travaillons pour atteindre nos objectifs éducatifs est un documentaire sur le bassin versant. Nous soulignerons, bien sûr, le fait que le cours supérieur de l’Athabasca est une rivière du patrimoine, et nous devrions en être fiers!

Réunion du Comité consultatif technique et de la direction de l’AWC. Photo: Lisa Allan, L'Athabasca Watershed Council
Réunion du Comité consultatif technique et de la direction de l’AWC. Photo: Lisa Allan, L'Athabasca Watershed Council

Le bassin versant de l’Athabasca s’étend sur 24 % des terres de l’Alberta, soit environ 159 000 km2. Le cours supérieur du chenal principal, la rivière Athabasca, est situé dans le parc national Jasper et prend sa source sur la face nord-ouest du champ de glace Columbia. C’est ce tronçon de l’Athabasca qui est visé par la désignation de rivière du patrimoine. La rivière se termine au lac Athabasca et fait partie du grand bassin du fleuve Mackenzie. Rares sont les grands bassins versants qui bénéficient d’une source située dans une aire protégée. Il est essentiel de veiller à ce que cet important réseau fluvial, qui approvisionne directement plus de 100 000 citoyens en eau potable, demeure alimenté par une source d’eau protégée à une époque où les effets négatifs cumulatifs sont de plus en plus observables en aval.

Vous pouvez visiter notre site Web pour en savoir plus sur notre travail ou sur le bassin versant en général. Nous encourageons toute personne ou organisation intéressées à devenir membre du conseil : l’adhésion est gratuite et peut se faire en ligne. Nos membres ajoutent à la force de notre voix et à notre capacité de protéger nos rivières, nos lacs et nos eaux souterraines grâce à une gestion concertée, à des intervenants engagés et à des partenariats autochtones.

Venez rencontrer les gestionnaires des rivières du RRPC : Amber Stewart Habiter et travailler près de la rivière Athabasca

Ricochets sur la rivière Athabasca Photo: Grant Peregoodoff
Ricochets sur la rivière Athabasca Photo: Grant Peregoodoff

L’un de mes sentiers riverains favoris est la boucle des Fleurs. Le printemps est une très belle période de l’année pour parcourir ce sentier de 2,2 km. Les cypripèdes jaunes sont abondants dans le sol humide le long de la rivière, et de délicates primevères roses embellissent les vasières. Mes enfants adorent venir près des bancs de gravier, si nombreux dans cette large rivière aux chenaux entrelacés, pour faire des ricochets sur l’eau avec des pierres tandis que je cherche dans le ciel des balbuzards chassant les ménominis des montagnes. 

On trouve une carte de la boucle des Fleurs (sentiers 10 et 10a) dans le Guide des randonnées d’une journée du parc national Jasper.

Les cypripèdes jaunes sont abondants le long de la boucle des Fleurs Photo: Rogier Gruys
Les cypripèdes jaunes sont abondants le long de la boucle des Fleurs Photo: Rogier Gruys

Je travaille au RRPC depuis 2015 à titre de membre du Comité de planification technique. Le Comité appuie l’ensemble des programmes et activités réalisés par le RRPC pour commémorer et célébrer le magnifique patrimoine fluvial du Canada. Nous assurons aussi la liaison entre les gestionnaires de rivières et le RRPC : j’ai une relation directe avec un gestionnaire de rivière dans mon rôle de planification à Parcs Canada, l’organisme fédéral responsable de la gestion quotidienne de la rivière Athabasca dans le parc national Jasper. Pendant mon mandat au sein du Comité de planification technique, j’ai eu beaucoup de plaisir à travailler avec des passionnés des rivières provenant d’autres provinces et territoires, et à me renseigner sur leurs rivières du patrimoine canadien.

Récits d’un amateur de rivières : La famille Hartwell à la recherche de plaques du RRPC

La route frontalière des Voyageurs Photo: RRPC
La route frontalière des Voyageurs Photo: RRPC

Le Réseau de rivières du patrimoine canadien entreprend un projet de renouvellement de certaines des plaques du RRPC le long des rivières du patrimoine canadien. Le RRPC travaille en collaboration avec les gestionnaires de rivières pour mettre à jour le texte des plaques et ajouter des langues autochtones. À certains endroits, de nouvelles plaques sont créées, et ailleurs, une deuxième plaque est ajoutée à un autre endroit le long de la rivière. 

Les plaques sont un élément important de la commémoration des rivières du patrimoine canadien. Elles peuvent servir de point de départ pour comprendre les valeurs naturelles, culturelles et récréatives associées à une rivière en particulier. Pour la famille Hartwell de l’Ontario, ces plaques sont une destination en soi. Il y a plus de 20 ans, les Hartwell ont décidé qu’ils voulaient découvrir davantage le Canada :

« Par où commencer? » nous sommes-nous demandé. Nous avons décidé de choisir un thème pour chaque aventure.   Les rivières du patrimoine canadien sont un thème formidable. Elles sont associées à une foule de gens, de lieux, d’histoires et de milieux naturels. Il est tout à fait impossible de décrire les sentiments que nous avons éprouvés en découvrant les plaques des rivières du patrimoine canadien et en contemplant les siècles, voire les millénaires d’histoire que les plaques représentent et auxquels elles rendent hommage.

Nous commençons par choisir une rivière du patrimoine canadien, puis nous allons chercher physiquement la plaque pour la lire, en apprendre davantage sur le Canada, prendre une photo de la plaque et « découvrir » tout ce qu’il y a à voir, ce qui nous fait vivre une grande aventure à l’aller comme au retour chez nous. Ceux qui sont encore plus téméraires peuvent pagayer sur les rivières du patrimoine canadien. Nous aimons croire que nous sommes aventureux, mais nous ne le sommes pas à ce point. Heureusement, la plupart des plaques sont accessibles aux gens moins intrépides comme nous.

La plaque de la route frontalière des Voyageurs Photo: RRPC
La plaque de la route frontalière des Voyageurs Photo: RRPC

L’une de ces aventures a été la découverte accidentelle de la plaque marquant la route frontalière des voyageurs dans le parc provincial Pigeon River, au sud-ouest de Thunder Bay en Ontario, en juillet 2011. Et je dis accidentelle, parce que nous ne savions même pas qu’il y avait une plaque des rivières du patrimoine. Nous étions dans la région à la recherche d’une plaque du patrimoine ontarien pour le « grand portage » des chutes Middle. Nous nous sommes arrêtés au centre d’information touristique de l’Ontario, tout près, et nous avons demandé où se trouvait la plaque du grand portage des chutes Middle. La dame à qui nous avons parlé a dit qu’elle avait grandi dans la région, qu’elle travaillait au centre depuis plus de 30 ans, qu’elle avait fait de la randonnée dans le parc pendant des décennies, mais qu’elle n’avait jamais vu de plaques. Une jeune femme qui travaillait aussi au centre est intervenue : elle pensait qu’il y avait une plaque au sommet des chutes High. Elle a indiqué une piste de l’autre côté de l’autoroute, et nous sommes partis.

Lorsque nous sommes arrivés en bas des chutes High, déjà trempés de sueur (ce jour-là, il faisait au moins 40 °C), nous avons découvert que les chutes High portent bien leur nom et sont très élevées. Plus de vingt-huit mètres de haut. Nous avons essayé de comprendre comment les Premières Nations et les voyageurs pouvaient franchir ces chutes avec leurs canots et leurs marchandises, mais nous en étions incapables. Il y a deux pistes qui mènent au sommet, donc nous avons choisi la plus facile, qui était tout de même assez verticale. En atteignant le sommet, nous pensions mourir d’un coup de chaleur. Mais c’était spectaculaire, et l’ascension en valait vraiment la peine. Vous pouvez vous tenir sur le bord des rochers, à côté du précipice des chutes, et regarder l’eau se fracasser tout en bas, ce que j’ai fait. Je vous recommande fortement de ne pas le faire.

Sauf qu’il n’y avait pas de plaque. Très déçus, nous avons fait une pause, puis nous sommes redescendus par le même chemin. Arrivés en bas, nous étions tous les deux en colère. J’ai dit qu’il y avait une chance, juste une petite chance, que la plaque soit quelque part sur l’autre piste plus difficile. Donc, pendant que Tracy retournait au centre d’accueil et à l’air conditionné, j’ai grimpé à nouveau par le sentier le plus dur. Encore une fois, pas de plaque.

De retour en bas, j’ai repéré un sentier envahi par la végétation qui menait au bord de la rivière Pigeon, et je l’ai suivi à travers les buissons. Après environ 50 à 60 mètres, j’ai réussi à sortir de la végétation pour atteindre le lit de gravier de la rivière. Je me suis approché de la rivière en contournant de grands buissons et, BINGO, il y avait une plaque. Mais ce n’était pas la plaque du patrimoine ontarien que nous cherchions au sujet du grand portage. C’était la plaque des rivières du patrimoine canadien sur la route frontalière de la rivière Pigeon, dont nous ignorions même l’existence! Elle se trouvait à l’endroit même où les membres des Premières Nations et les voyageurs débarquaient pour commencer à faire du portage et, bien sûr, d’où ils partaient après être descendus. WOW.

Nous espérons que cette petite histoire racontant certaines de nos expériences plus ou moins aventureuses inspirera de nombreux autres Canadiens qui ne l’ont pas encore fait à découvrir autant de rivières du patrimoine canadien qu’ils le peuvent. Découvrez par vous-mêmes leur caractère indescriptible. Prenez beaucoup de photos. Vous ne le regretterez pas.