Ste-Marie

Ste-Marie

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Patrimoine naturel

La rivière Ste-Marie coule sur 125 kilomètres de la baie Whitefish, dans le lac Supérieur, en passant par Sault Ste. Marie, pour se diviser en deux bras autour de l’île St. Joseph avant de se jeter dans le lac Huron.

La rivière comprend trois tronçons hydrologiques distincts. Le premier, le tronçon d’amont, fait 22,5 km et s’étend de l’étroit exutoire du lac Supérieur jusqu’à Sault Ste. Marie. Il est caractérisé par des vents forts, une eau froide et claire, des berges relativement peu élevées et sablonneuses, ainsi que par des flèches de sable et des hauts fonds de gravier. Le second, le tronçon de rapides de 2,5 km, commence à Sault Ste. Marie où 6,1 mètres sur les 6,7 mètres que fait la rivière chute en une longue cascade peu profonde sur des galets et des affleurements rocheux en grès, au-delà de l’île Whitefish, du canal de Sault Ste. Marie et des barrages hydroélectriques. Le troisième, le tronçon d’aval, fait 100 km, jusqu’à Bruce Mines et Detour; de larges lacs peu profonds y alternent avec des chenaux aux rives rocheuses.

Située à un carrefour géologique du continent et à la jonction hydrologique et écologique des Grands Lacs d’amont, la rivière Ste-Marie s’écoule dans la roche précambrienne de 2,5 milliards d’années sculptée par les glaciers du Pléistocène. L’environnement de la vallée présente un témoignage dynamique des grands phénomènes qui ont façonné la moitié septentrionale du continent nord-américain.

La vallée de la rivière s’étend dans la région forestière mixte des Grands Lacs et du Saint-Laurent, région caractérisée par des conifères tels que l’épinette noire et l’épinette blanche, le sapin baumier, le pin rouge et le pin blanc ainsi que des feuillus, dont le bouleau, le peuplier et l’érable. On rencontre ici près de leur limite septentrionale des espèces comme le hêtre, le frêne, le tilleul et le marronnier d’Inde. Des plantes rares poussent à Gros Cap, à Mark’s Bay et dans l’île Whitefish et l’on trouve des zones humides importantes à Gros Cap, à Mark’s Bay, à Echo Bay et à Hay Point. Les oiseaux de rivage, les oiseaux de proie et les oiseaux aquatiques y sont nombreux.

Patrimoine culturel

Bien qu’elle soit relativement courte, la rivière Ste-Marie a été témoin d’une longue histoire. Dès 2 500 av. J.–C., les Ojibwés s’étaient établis sur des îles et le long des berges de la rivière pour y cueillir les abondants grands corégones. Les Métis du Canada ont cette vallée pour origine et les Premières Nations de Batchewana et de Garden River occupent des réserves le long des rives.

Après son exploration par Étienne Brûlé en 1621, la rivière Ste-Marie est devenue un élément essentiel de la traite des fourrures. Le fort St. Joseph a été construit en 1796 en partie pour contrôler la navigation sur cette voie très fréquentée, mais aussi en raison de son emplacement stratégique permettant à l’autorité britannique de maintenir son contrôle pendant la guerre de 1812.

La première écluse commerciale autour des rapides a été construite du côté américain de la rivière en 1855, mais l’incident du Chicora de 1870, où le droit de passage à l’écluse a été refusé à ce navire militaire, a exacerbé la demande d’une route entièrement canadienne. En 1895, le canal de Sault Ste. Marie, qui était le plus perfectionné du monde, a été parachevé. L’utilisation de l’électricité, produite sur place, pour actionner les vannes et remplir et vider l’écluse, de même que le barrage de navigation à tablier pivotant, nouveau à l’époque, étaient des caractéristiques qui le rendaient unique.

Pendant de nombreuses années, les écluses jumelées américaines et canadiennes étaient les ouvrages hydrauliques du genre les plus actifs du monde. En 1985, l’administration du canal de Sault Ste. Marie a été cédée à Parcs Canada, dont la responsabilité est de conserver et d’interpréter les ressources naturelles et culturelles du canal. Après la rupture du mur d’écluse en 1987, une écluse récréative a été construite sur les fondations originales et le canal a été rouvert en grande pompe le 14 juillet 1998.

Entre 1899 et 1903, la Lake Superior Corporation s’est établie à côté des rapides Ste-Marie. C’est là qu’a été fondu le premier acier de l’Ontario. Les descendants de cet empire dominent toujours l’industrie de la vallée de la rivière en contrôlant les sociétés Algoma Steel Inc., St. Mary’s Paper Company et Great Lakes Power Corporation.

L’établissement du Service aérien provincial de l’Ontario à Sault Ste. Marie en 1924 et la construction de ses hangars dans le port marquent une nouvelle ère de la surveillance aérienne des ressources forestières de l’Ontario et de l’utilisation des hydravions pour lutter contre les incendies de forêt en vol. Le Canadian Bushplane Heritage Centre (en anglais seulement) qui se trouve sur le lieu d’origine, est un hommage rendu à cet important aspect de l’histoire forestière du Canada.

Patrimoine récréatif

La rivière Ste-Marie offre d’innombrables possibilités récréatives, tant sur l’eau que sur ses berges.

Le sentier Voyageur (en anglais seulement), les sentiers de randonnée, les promenades et les parcs riverains offrent d’excellentes façons d’explorer la voie navigable à pied. La navigation de plaisance à voile ou à moteur, le canot, le kayak et les remorqueurs permettent de l’explorer sur l’eau. On peut aussi rester sur la berge et profiter du spectacle. La pêche estivale et la pêche blanche sont en outre populaires : le corégone, la perche, le doré jaune, le touladi, le brochet, l’achigan, le saumon et la truite arc-en-ciel sont autant d’espèces qui s’y trouvent.

Pendant l’été, les plages sont ouvertes pour la baignade, le ski nautique, la planche à voile et la plongée autonome. En hiver, le patin, la motoneige et le ski de fond sont des activités prisées.

Qui gère la rivière?

L’Office de protection de la nature de la région de Sault Ste. Marie (en anglais seulement) s’occupe de la gestion de cette rivière du patrimoine canadien. Les écluses et le canal forment un lieu historique qui est géré par Parcs Canada.

Faits intéressants

L’île Whitefish, qui fut jadis l’un des plus grands établissements autochtones du secteur supérieur des Grands Lacs, a été habitée de l’an 200 avant notre ère jusqu’en 1895.

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