Missinaibi

Missinaibi

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Patrimoine naturel

La rivière Missinaibi est une partie importante du bassin hydrographique secondaire Missinaibi‑Mattagami, qui couvre 22 530 kilomètres carrés et draine environ trois pour cent des terres de l’Ontario jusqu’à la baie James. Située à moins de 100 kilomètres du lac Supérieur, la rivière Missinaibi s’écoule librement depuis la ligne de partage des eaux, aux lacs Little Missinaibi et Missinaibi, à travers la forêt boréale, les milieux humides et les zones de géologie variable de l’écorégion du lac Abitibi. La rivière plonge radicalement des hauteurs du Bouclier canadien, aux chutes Thunder House, jusque dans une gorge de six kilomètres de long, et son cours ralentit et s’élargit dans les basses terres de la baie James près de la baie Bell’s. La confluence entre la rivière Missinaibi et de la rivière Moose se trouve à moins de 100 kilomètres de l’embouchure de la rivière dans la baie James.

La longueur de la rivière Missinaibi, son écoulement libre et son orientation sud‑nord en font un corridor de déplacement et un réservoir de choix pour un large éventail d’espèces et de plantes aquatiques et terrestres. Par exemple, le frêne noir et l’orme d’Amérique évoluent au nord de leur aire de répartition continue le long de la rivière, et la tourbière oligotrophe à côtes de Peterbell est la plus au sud de l’Ontario. Le caractère isolé de la Missinaibi a permis d’atténuer les effets négatifs du développement sur ses valeurs naturelles dans le passé, et Parcs Ontario continue de la protéger aujourd’hui.

Patrimoine culturel

La rivière Missinaibi revêt une grande valeur patrimoniale spirituelle et culturelle, en particulier pour les nombreuses collectivités autochtones dont les territoires traditionnels comprennent cette importante route de commerce et de déplacement traditionnelle. Par exemple, les nombreux sites de pictogrammes présents le long du cours supérieur de la rivière représentent un attrait particulier pour les visiteurs. Plus loin vers le nord, sous les chutes Thunder House, Conjuring House Rock est un site sacré qui est comparé à la maison d’un guérisseur autochtone.

Pendant 200 ans, la Missinaibi fut l’une des plus importantes routes de commerce et de canotage aux 18e et 19e siècles, reliant Moose Factory à Michipicoten sur le lac Supérieur. Des postes de traite avaient été construits en maints emplacements par la Compagnie de la Baie d’Hudson et la Compagnie du Nord‑Ouest qui se faisaient concurrence, notamment à New Brunswick House, à Missinaibi House et à Wapiscogamy House. Les emplacements de ces postes de traite renferment certains des quelque 50 importants sites archéologiques témoignant de l’histoire humaine le long de la rivière.

Au fil du déclin de la traite des fourrures, le chemin de fer mena à l’établissement de pionniers, et attira également des chasseurs et trappeurs non autochtones ainsi que des prospecteurs et des mineurs. L’exploitation forestière était étroitement liée à l’aménagement du chemin de fer et cette industrie demeure l’un des principaux employeurs de la région aujourd’hui. À maints égards, l’histoire de la Missinaibi est le reflet, à petite échelle, de l’histoire du Canada. La protection des valeurs de la Missinaibi a commencé dans les années 1960 et se poursuit encore aujourd’hui.

Patrimoine récréatif

Dans les années 1930, les services de pourvoyeurs et de guides sont une importante industrie, car c’est la seule façon pour les touristes d’accéder aux célèbres attraits du patrimoine naturel et culturel de la rivière. Aujourd’hui, les visiteurs qui souhaitent pêcher à la ligne et visiter l’arrière‑pays peuvent le faire en autonomie ou utiliser les services de pourvoyeurs et de guides locaux. Parcs Ontario gère l’accès des visiteurs afin de promouvoir le caractère éloigné de la région et de réduire l’achalandage, deux qualités essentielles pour une excellente expérience du milieu sauvage. L’expérience de pêche est remarquable, et attire quantité de visiteurs de nos jours dans la région de la Missinaibi. Il est plus facile d’en profiter au lac Missinaibi, l’un des principaux points d’accès au parc provincial Missinaibi. On y trouve notamment comme poissons le touladi, l’omble de fontaine, le meunier noir, le cisco, le doré jaune et le grand brochet.

Pour l’adepte des déplacements en milieu sauvage, la route de canotage de la Missinaibi en arrière‑pays offre la possibilité d’une aventure à la fois exigeante et enrichissante. Les emplacements de camping sont bien répartis un peu partout dans le parc le long de la route de canotage, ce qui en fait une expérience unique et inoubliable de canotage en arrière‑pays. La route de canotage historique est recommandée pour les pagayeurs habiles et chevronnés, et offre une expérience en milieu sauvage sans précédent dans le Nord de l’Ontario. Il est possible d’obtenir de l’information sur la visite du parc et la route de canotage à http://www.ontarioparks.com/park/missinaibi/fr.

On peut trouver des renseignements sur les routes de canotage et des suggestions d’excursions sur le site de Parcs Ontario.

Qui gère la rivière?

La rivière du patrimoine canadien Missinaibi est gérée par Parcs Ontario, une division du ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l’Ontario. Le parc provincial Missinaibi et ses ajouts recommandés totalisent 1 655 kilomètres carrés de superficie le long des quelque 500 kilomètres que parcourt la rivière Missinaibi. Le Plan de gestion du parc provincial Missinaibi (2004) fournit une orientation sur la gestion du parc provincial Missinaibi et de la rivière du patrimoine canadien Missinaibi.

Faits intéressants

Une petite population de wapitis persiste dans la région du lac Missinaibi, bien que cette espèce ne soit pas indigène de l’endroit. En 1933, des wapitis ont été libérés par inadvertance le long de la rivière Missinaibi lorsque le train qui les transportait depuis l’Alberta a été stoppé. Les wapitis devaient être libérés dans le Sud de l’Ontario aux fins de leur réintroduction après leur disparition de cette région.

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