Mattawa

Mattawa

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Patrimoine naturel

La rivière Mattawa offre un lien naturel entre la rivière des Outaouais et le lac Nipissing, lien créé par la formation d’une ligne de faille géologique vieille de 600 millions d’années qui traverse le Bouclier canadien. Cette faille est visible à la chute Paresseux.

La Mattawa était un déversoir post-glaciaire qui drainait autrefois les Grands Lacs dans la rivière des Outaouais. Les traces géologiques du passé de la rivière se trouvent dans les nids de poule glaciaires au Portage de Talon et dans de nombreux canaux fluviaux abandonnés, situés de 12 à 15 mètres au-dessus du niveau actuel de la rivière.

La rivière Mattawa demeure généralement peu développée et densément boisée. Les plantes et les mammifères vivant dans le bassin hydrographique sont typiques du Bouclier canadien : orignal, ours noir, loup ordinaire de l’Est, cerf de Virginie, plus de 200 espèces d’oiseaux, pins rouges et pins blancs. Toutefois, le bassin de la Mattawa abrite aussi des plantes rares comme la subulaire aquatique et l’élatine.

Patrimoine culturel

La rivière est liée à l’histoire des Premières Nations, à l’exploration du Canada et à la traite des fourrures. En langue algonquienne, Mattawa signifie « jonction de cours d’eau » et « rivière dont les chutes font écho au courant ». Pour les Premières Nations, et pour les Européens arrivés plus tard, ce cours d’eau est un lien essentiel pour voyager de la vallée du Saint-Laurent aux Grands Lacs supérieurs. Des indices trouvés dans 28 sites archéologiques donnent à penser que la voie navigable est utilisée par les peuples autochtones depuis plus de 6 000 ans.

Samuel de Champlain a envoyé son interprète Étienne Brûlé dans les terres avec une bande d’Algonquins en 1610. Cinq ans plus tard, il accompagnait un groupe de Hurons sur cette route et produisait la première carte de ce territoire. La rivière devint alors l’autoroute vers l’ouest pour les commerçants de fourrures et les missionnaires qui suivirent.

La rivière Mattawa était une voie importante dans le réseau des échanges commerciaux qui prit de l’expansion sur le continent. Ce court tronçon était sans doute le plus exigeant des 2 000 km de la route fluviale des explorateurs entre Montréal et Fort William, puisqu’il comprenait 11 des 38 portages de l’ensemble de la route. Neuf de ces portages sont demeurés à peu de choses près identiques à ce qu’ils étaient à l’époque des explorateurs, et tous les portages ont conservé leurs noms français d’origine.

Le rôle de la voie navigable dans l’histoire du Canada est commémoré par des plaques de lieux historiques provinciaux et nationaux dans la ville de Mattawa.

Patrimoine récréatif

La rivière Mattawa offre des possibilités de canotage et des expériences culturelles exceptionnelles, tant pour les pagayeurs de lacs que pour ceux de rivières. Ces derniers utilisent les mêmes portages et sites de campement que ceux empruntés par les Premières Nations, les commerçants de fourrures et les voyageurs. Le Centre du patrimoine du Voyageur dans le parc provincial Samuel de Champlain présente des expositions et des programmes d’interprétation.

Les autres activités récréatives proposées sur la rivière et ses abords sont la pêche, le camping, la randonnée pédestre, la pêche sur la glace, le ski de fond et l’observation de la nature.

Qui gère la rivière?

Le tronçon désigné de la rivière est maintenant intégré aux limites du parc provincial Samuel de Champlain, administré par le gouvernement de l’Ontario.

Faits intéressants

Il y a plus de 10 000 ans, après la fonte des inlandsis qui couvraient l’Ontario, les Grands Lacs se sont déversés dans la rivière des Outaouais par la rivière Mattawa au lieu de passer par le lac Ontario et le fleuve Saint-Laurent.

Le premier gisement de marbre à brucite connu au Canada, et le seul en importance en Ontario, est situé aux abords de cette rivière, près de la chute Talon. Le marbre à brucite est un agent de coloration utilisé dans l’industrie papetière.

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