Intégrer le savoir traditionnel autochtone à la gestion de la rivière Bloodvein

Intégrer le savoir traditionnel autochtone à la gestion de la rivière Bloodvein

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La partie de la rivière Bloodvein située en Ontario, laquelle traverse le parc provincial Woodland Caribou, a été ajoutée au Réseau des rivières du patrimoine canadien en 1998 à la demande du gouvernement de l’Ontario. Quatre ans plus tard, profitant du fait que la plaque commémorative n’avait pas encore été installée, le directeur du parc provincial Woodland Caribou a décidé de consulter la collectivité pour s’assurer que le texte inscrit sur la plaque reflétait le point de vue des Premières Nations locales à l’égard de la rivière et de son importance culturelle et historique. Le directeur du parc, Doug Gilmore, décrit ce processus de consultation, qui a débuté en 2002 et a pris fin en 2008, lors de la cérémonie de dévoilement de la plaque, comme une occasion d’écoute, d’apprentissage et de rapprochement à l’égard de la rivière, de la terre et de la culture des Premières Nations.

Établir un lien et cultiver une relation

Le personnel de Parcs Ontario a demandé aux Premières Nations locales dont le territoire traditionnel touche la rivière en Ontario et au Manitoba, de participer à la rédaction du texte de la plaque. Plusieurs membres des Premières Nations de Lac Seul et de Little Grand Rapids ont accepté, et un groupe de travail a été formé. Grâce à un travail de collaboration, le groupe a créé une plaque trilingue qui comprend entre autres une écriture syllabique ojibwe et qui souligne l’histoire de la traite des fourrures de la région. En voici un extrait : « La région de la rivière Bloodvein était surtout habitée par de nombreuses familles Anishinaabek, qui avaient un mode de vie étroitement lié à la terre. Les descendants de ces familles tentent encore aujourd’hui de recréer et de cultiver cette relation. »

Le partage du savoir traditionnel se traduit par une meilleure gestion de la rivière

Selon le directeur Doug Gilmore, le fait d’avoir établi un lien de confiance et d’avoir ouvert le dialogue entre Parcs Ontario et les communautés des Premières Nations constitue les plus grandes réussites de ce projet commun. Durant le projet de rédaction du texte de la plaque, des membres des Premières Nations ont amené le personnel de Parcs Ontario en excursion sur la rivière et leur ont communiqué leur savoir sur les utilisations traditionnelles et sur la faune et la flore, des renseignements qui ont permis d’améliorer les pratiques de gestion du parc.

Une des excursions sur la rivière a eu lieu entre autres sur le lac Knox. Un aîné qui prenait part à l’excursion a pointé en direction d’un beau rocher le long de la rive. Étant donné que ce rocher se trouvait relativement à l’abri du vent et qu’il était bien visible, l’aîné a suggéré d’y installer la plaque. Sa recommandation a été suivie, et il y a maintenant deux plaques le long de la rivière Bloodvein, soit une sur le rocher au lac Knox et une autre au Red Lake Heritage Centre.

Créer un sentiment d’appartenance à la communauté

Le processus conjoint de rédaction et d’installation de la plaque a procuré aux nombreuses familles des Premières Nations qui habitent le long de la rivière Bloodvein un plus grand sentiment d’appartenance à l’égard de la désignation au titre de rivière du patrimoine et une plus grande fierté liée à l’endroit. La rivière Bloodvein est leur demeure et elle fait partie d’eux. La réalisation d’un simple projet commun de rédaction de plaque a donné lieu à une communauté d’employés de Parcs Ontario et d’aînés qui s’engagent désormais à maintenir le dialogue et à collaborer pour choisir des pratiques de gestion des terres qui respectent les connaissances et le point de vue des scientifiques et des Premières Nations.

À propos de la rivière Bloodvein

La rivière Bloodvein coule sur une distance de 306 km, de l’Ontario jusqu’au lac Winnipeg, au Manitoba. La partie de la rivière qui se trouve au Manitoba a été ajoutée au RRPC en 1987, et celle située en Ontario, en 1998. La désignation est fondée sur les caractéristiques naturelles exceptionnelles de la rivière ainsi que sur la richesse de son histoire liée aux Premières Nations.